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Le sanglier, un nuisible en constante augmentation

Grandes cultures
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Selon une étude européenne publiée par l’Organisation des Propriétaires Européens, le nombre de sangliers dans les pays européens a été multiplié par 4 à 5 en moyenne par pays durant les 20 dernières années, le taux de croissance d’une population pouvant atteindre 200% par an selon la disponibilité de la nourriture et les conditions climatiques.  

 

Ce sont principalement les pays d’Europe de l’Est, et l’Italie du Nord, qui sont affectés par la prolifération des sangliers. Nous nous plaignons en France, à juste titre, et pourtant, on dénombre 3 fois plus de sangliers dans certaines régions d’Italie, et deux fois plus en Allemagne et en République Tchèque.

 

Le rapport estime qu’en France, la population de sangliers est de 1,6 par km2. Cela représente plus d’un million d’individus sur le territoire national, principalement concentrés dans le centre et l’Est du pays, et sur le pourtour méditerranéen.  Les chasseurs prélèveraient chaque année une bonne moitié de ce peuplement, et ne réussissent pas malgré tout à contenir son constant développement depuis 20 ans.

 

Une explosion démographique spectaculaire

La hausse du nombre de sangliers est la conséquence de plusieurs facteurs cumulés :

 

  • Le sanglier se reproduit rapidement (1 portée par an, exceptionnellement deux, de 5 marcassins en moyenne par laie),
  • Le sanglier n’a pas de prédateur excepté le loup, dans certaines régions, et l’homme bien entendu.
  • Les hivers sont devenus moins rigoureux,  les sangliers ne meurent plus de froid, atténuant ainsi la sélection naturelle.  
  • La tempête de 1999 a aussi beaucoup joué dans la démographie du sanglier : les enchevêtrements d’arbres leur ont formé des abris où les chasseurs ne pouvaient pas les atteindre.  
  • Ajouté à cela, l’étude a pu noter une augmentation de la production de fruits forestiers (glands, châtaignes, faines), qui fournit une nourriture abondante, dans une forêt qui, contrairement à une idée  reçue,  continue de croître en France.

 

Les facteurs naturels ne sont pas les seuls à mettre en cause :

  • Les bois et forêts sont colonisés par l’homme.  Non seulement via la sylviculture.  Mais également par l’essor d’activités citadines et touristiques : promenades, jogging, cueillettes, courses d’orientation…   Or le sanglier est un animal craintif, surtout de l’homme.

 

  • Les activités humaines ont aussi contribué à pousser les sangliers vers les champs.  Trois des plantes préférées des sangliers (le blé, le colza et la moutarde) ont connu une forte expansion ces dernières années.   Les sangliers étant des animaux opportunistes, ils ont tôt fait de s’adapter.

 

Ces phénomènes, liés à l’emblavement des cultures qui a augmenté et varié le nombre de territoires sur lesquels sont présents les sangliers, ont contribué au fait que les champs sont devenus le nouvel habitat naturel des sangliers : ils y trouvent leur nourriture préférée (le maïs pâteux / laiteux, qu’ils préfèrent de loin aux mais en grains de l’agrainage et aux fruits forestiers) en abondance et sont moins souvent dérangés par les chasseurs, qui ne peuvent pas toujours les poursuivre sur les terres agricoles.  

 

En plus des périodes d’emblavement, qui leur procurent un repaire d’avril à janvier, les sangliers trouvent également refuge dans les réserves naturelles durant les périodes  de chasse, mettant en danger la faune et la flore à l’origine du classement du territoire en zone naturelle et ravageant les champs aux alentours.

 

La chasse, aussi étonnant que cela puisse paraitre, est également un vecteur de la hausse du nombre de sangliers : les périodes de chasse sont devenues plus courtes et on procède au tir dit éthique, visant à ne pas prélever les jeunes laies et les marcassins.

 

Si en forêt, le sanglier peut être utile, notamment dans  la  lutte  contre  les  insectes  nuisibles  aux plantations  et  pour l’aération  des  sols, il n’en reste pas moins que sa surpopulation cause des dommages considérables aux agriculteurs, et sont la cause de nombreux accidents de la circulation.  Dans de nombreux départements,  le sanglier  est inscrit sur la liste des animaux classés comme nuisibles.

 

Il serait temps ; la surpopulation des sangliers les pousse désormais à coloniser des grandes villes européennes, telles que Pau, Toulouse ou Angoulême.  Selon l’étude, on en dénombrerait jusqu’à 8000 individus dans la seule agglomération de Berlin, et ils n’hésitant plus à s’aventurer en plein jour dans les parcs et cours d’immeuble…

 

 

(*) : ELO : European Landowners Organization, étude menée en association avec « Les Amis de la Campagne » (Friends of the Countryside), « l’Institut Ibérique pour l’Environnement »  (IIMA, Instituto Ibérico para el Medio Ambiente y los Recursos Naturales) et Wildlife Estates (WE).

 

Agathe Cros

 

Consulter l’étude complète  « L’explosion démographique du sanglier en Europe : enjeux et défis »

 

 



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