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Les répercussions économiques de la grippe aviaire

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Grippe aviaire: quelles conséquences sur le secteur avicole?

 

Cela faisait depuis 2007 que la grippe aviaire (H5N1) avait disparu de nos territoires, et sa réapparition en Dordogne à la fin de l’année 2015, puis sa propagation à tout le grand Sud-Ouest (69 foyers détectés à ce jour), a entrainé des conséquences catastrophiques pour le secteur avicole, ses débouchés commerciaux et ses fournisseurs. 

   

 

 

 

Selon l’Anses, les souches identifiées sont des souches d’origine européenne, et cela n’a rien à voir avec la souche asiatique détectée en 2007.  Rappelons que ce virus de l’influenza aviaire n’est pas transmissible à l’homme par la consommation de viande ou d’oeufs. Il existe cependant un risque jugé faible pour les professionnels, de contamination par voie respiratoire, en espace confiné avec des palmipèdes infectés.  Les producteurs doivent prendre toutes les précautions en portant des équipements de protection individuelle adaptés (combinaison, masque respiratoire etc).

 

 

Stéphane le Foll a pris très rapidement la décision d’agir en force pour tenter d’endiguer l’épizootie de grippe aviaire. Il n’est pas prévu un plan d’abattage massif des animaux (à part dans les foyers infectés par l’épidémie), toutefois le gouvernement a déclenché un plan national d’intervention sanitaire d’urgence, dans le but deprévenir le risque de propagation de la maladie.  Les canards et les oies sont des porteurs sains mais s’ils contaminent d’autres volailles comme les poules, elles en meurent.  Rappelons que cette influenza aviaire n’est pas transmissible à l’homme.  Des "zones de protection et de surveillance, mesures de biosécurité, abattage des animaux des foyers" ont ainsi été mises en place. 

 

Selon un arrêté du 10 février 2016, un vide sanitaire strict imposé à 18 départements du Sud-Ouest va être mis en place (conditions de transport, dépeuplement, nettoyage, désinfection), et ce n’est pas avant le 16 mai qu’il sera possible de remettre en place des poussins palmipèdes dans la zone de restriction.

 

Où en sommes-nous aujourd’hui ?

 

Production

Le Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras (Cifog)  estime la perte à au moins 9 millions de palmipèdes,  soit le quart de la production française.

Les 18 départements touchés par la zone de restriction représentent 80 % de la production française de foie gras.

Cela représenterait une perte économique de 270 millions euros, dont 130 M€ pour les seuls éleveurs et accouveurs, ces derniers étant particulièrement touchés par les dernières mesures d’interdiction.

 

Ce sont les petits producteurs qui risquent le plus de souffrir de ces mesures, car ils ne disposent pas de la trésorerie des groupes coopératifs qui ont des sources de revenus plus variés, et ne disposeraient pas de stocks leur permettant de tenir financièrement.

 

Les abattoirs resteront fermés pendant 15 semaines au moins.  Les ateliers de transformations subissent également un chômage technique sans trop de visibilité, avec les conséquences sociales que l’on peut imaginer pour les nombreux salariés de ce secteur.

 

Consommation

On s’attend à une diminution de 30% des volumes de foie gras pour la fin de l’année, ce qui aura une incidence sur les prix.

 

Des actions de communication devront être engagées auprès des consommateurs pour les rassurer, d’autant que des lobbies anti foie gras profitent de la situation pour discréditer la filière.

 

Exportation

De nombreux pays d’Afrique et d’Asie ont déjà fermé leurs frontières aux volailles françaises. Parmi eux, on compte le Maroc, l’Algérie, la Tunisie et l’Egypte pour l’Afrique, et la Chine, le Japon (1er importateur de foie gras) , la Corée du Sud et la Thaïlande pour l’Asie.  D’autres pays (la plupart des pays européens) continuent d’importer des volailles élevées en dehors des zones de restriction.

 

Les mesures volontaristes et drastiques de protection des élevages ont un but sanitaire, et commercial.  Elles ont également été mises en placent pour rassurer les principaux partenaires étrangers.

 

Les fournisseurs

Selon Coop de France nutrition animale et le Snia,  250 000  tonnes d’aliments ne seront pas fabriqués à la suite de ces mesures de vide sanitaire.   Cela représentera une perte nette d’exploitation de 8,5 millions d’euros pour leur secteur.   Toute la filière des équipements avicoles sera touchée.  En revanche, le malheur des uns faisant le bonheur des autres, les sociétés de fourniture de produits d’hygiène ont des ventes en forte progression.

 

Les aides

Le 29 janvier, Stéphane Le Foll a annoncé une aide de 130 millions d’euros à la filière avicole.

Dans l’attente des aides européennes  de la PAC, le gouvernement aidera les producteurs avec des avances de trésorerie.

Les Conseils régionaux sont également sollicités.  A titre d’exemple, la grande région Aquitaine Limousin Poitou-Charentes a procédé à un accompagnement personnalisé des entreprises les plus vulnérables, en leur accordant des avances de trésorerie.   Des formations seront proposées aux salariés mis en chômage technique pour leur permettre d’acquérir de nouvelles compétences.

Des mesures de soutien à l’export viendront probablement s’ajouter à ces aides.

 

 



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